Le jardin de la Louve

 La Louve a été construite par Nicole de Vésian, styliste chez Hermès, spécialisée dans les textiles et plus tard dans sa vie, une remarquable jardinière. Notre histoire commence en 1986, l’année où Nicole quitte sa demeure sur le versant nord de Bonnieux pour s’installer dans une maison avec un terrain exposé au sud: Ce sera le futur jardin. Pendant dix ans, elle a transformé ce jardin laissé à l’abandon en une oeuvre complexe, mélange de pierres et de plantes de garrigues taillées, travail qui allait transformer l’image du jardin de Provence.

A l’approche de ses quatre-vingts ans Nicole DeVésian décida de construire une nouvelle maison avec un jardin d’un seul niveau, en haut du village. Elle vendit alors la Louve à Judith Pillsbury. La nouvelle propriétaire a tout de suite compris le défi qui s’imposait à elle: comment gérer et préserver une oeuvre d’art vivante et en même temps, comment la faire sienne? Elle allait devoir faire vivre et peaufiner ce lieu tout en gardant la structure et la vision originelles de la Louve, déjà célèbre.

En novembre 2014,J. Pillsbury a vendu la Louve à Sylvie Verger-Lanel originaire de Normandie. La nouvelle propriétaire a elle aussi, avec l’aide de son mari, la ferme volonté de préserver l’oeuvre originaire de Nicole de Vésian.

Le jardin offre de nombreux espaces plantés et aménagés en fonction de leur exposition et du terrain: une terrasse de «réception» orientée à l’est avec une belle auge ancienne en pierre et des arbustes taillés qui s’élèvent d’une mer de galets ramassés dans la Durance; un belvédère qui relie la terrasse de réception à la terrasse du bassin avec une découverte à l’ouest sur les collines situées en face de la Louve, à l’est sur la vallée. Une vieille citerne transformée en bassin protégé partiellement par les troncs multiples d’un Cydonia Oblonga, le cognassier commun; les balustrades en fer forgé taillé dans la masse délimitent les espaces de «point de vue»; une variété surprenante de plantes indigènes de la garrigue, cistes, romarins, thym, associées aux arbres et plantes du passé agricole; un champ de lavandes qui à la floraison, taillées un pied sur deux, offre le spectacle ludique d’une mer végétale; l’acquisition d’une nouvelle parcelle de terrain a permis le prolonge- ment de la terrasse qui par un court passage de graminées conduit à une piscine s’inscrivant parfaitement sur cette petite restanque; une allée ombragée et fraîche remonte vers la terrasse de réception. La présence des sphères de pierre et des bancs en bois brut dessinés par Nicole De Vésian offre de nombreux endroits pour la méditation.

Les différentes terrasses présentent une gamme de couleurs homogène, subtile et néanmoins complexe, en harmonie avec le paysage environnant. La vue au couchant est dégagée et rien ne vient perturber le magnifique spectacle. On aperçoit seulement la chapelle d’un ancien couvent, mais le village, lui, reste invisible. Vers la forêt communale, cyprès et fruitiers sont comme les témoins d’un passé agricole peu à peu abandonné. Ce mélange de visions proches et lointaines contribuent au sentiment d’un dialogue entre le jardin et ses environs qui s’inscrit clairement dans cet espace: Le Luberon.